Creepypasta FR : Cette patrouille de police a très mal tourné…

Je travaille dans la police depuis quelques années maintenant. Le métier avait ses hauts et ses bas, comme vous vous en doutez, mais dans l’ensemble, tout se passait plutôt bien. J’avais déjà eu quelques situations critiques à gérer, mais rien de traumatisant, rien qui puisse laisser des séquelles irréversibles. Au contraire, c’était même plutôt galvanisant, et ces situations me procuraient cette dose d’adrénaline que j’affectionnais tant. C’était pour cette raison que j’avais choisi ce métier. Pour me sentir vivante d’un côté, et être utile à la société de l’autre.

Mais tout a changé il y a quelques jours, lorsque j’ai dû m’occuper d’un incident qui allait chambouler toute mon existence, ébranler toutes mes convictions. Je suis terrifiée, je ne trouve plus le sommeil, et je n’arrête pas de repasser ces événements en boucle dans ma tête. Je doute de ma santé mentale. Mon côté rationnel et pragmatique se bat furieusement contre la réalité de ce que j’avais vu de mes propres yeux, refusant d’y croire, cherchant désespérément une explication logique, mais échouant lamentablement.

C’était il y a quelques nuits. J’étais en patrouille avec mon partenaire, Kévin, lorsque nous avons reçu un appel radio nous demandant d’aller inspecter un bâtiment dans les environs, une sorte de centre médical sur plusieurs étages. C’était la société de sécurité qui avait donné l’alerte, à la suite d’un mouvement anormal que leur détecteur de mouvement avait repéré dans l’un des bureaux de l’étage, et ils craignaient que ça soit un cambriolage.

En arrivant sur les lieux, le détenteur des clés était déjà présent. Nous avons été surpris par sa réactivité, et il nous a expliqué qu’il habitait tout près du centre. Il nous a ouvert la porte, et nous sommes allés sécuriser l’intérieur.

Le rez-de-chaussée était constitué d’un hall avec un comptoir d’accueil, une pharmacie, et un petit couloir qui donnait sur un ascenseur et une porte fermée, derrière laquelle se trouvaient les escaliers. Tous les bureaux des médecins et les salles d’attentes étaient situés à l’étage. Le responsable des clés s’est sagement installé au comptoir d’accueil, et nous avons commencé notre inspection. Kévin est resté dans le hall pour surveiller l’entrée, l’ascenseur et les escaliers, et je me suis dirigée vers la pharmacie.

À l’affût, j’ai inspecté chaque rayon, chaque recoin qu’un éventuel cambrioleur pourrait utiliser comme cachette, mais il n’y avait personne. Tout était calme et rien ne semblait avoir été touché. J’ai rejoint mon partenaire à l’entrée, et nous nous sommes dirigés vers les escaliers. En tournant la poignée de la porte pour y accéder, on s’est aperçus qu’elle était verrouillée. Je me suis tournée vers le responsable des clés pour lui demander d’ouvrir, mais à notre grande surprise, il a simplement haussé les épaules en nous disant qu’il n’avait pas cette clé-là, qu’il n’avait que celle de l’entrée. Je me suis retenue de lever les yeux au ciel. Quel genre de détenteur des clés n’avait pas toutes les clés ?

Il y a mieux comme organisation, j’ai pensé.

La seule issue pour accéder à l’étage était donc l’ascenseur. Ce n’était pas l’option la plus sécurisée, et je n’aimais absolument pas l’idée de dépendre d’un appareil pour battre en retraite en cas de besoin, mais nous n’avions pas le choix. Kévin a donc appelé l’ascenseur, et nous sommes montés dans la cabine, laissant le détenteur des clés seul au rez-de-chaussée.

En arrivant à l’étage, la cabine s’est ouverte sur un long couloir plongé dans les ténèbres. La seule chose que nous pouvions discerner était une lumière diffuse tout au bout, provenant d’une petite signalisation indiquant la sortie. Armés de nos lampes, Kévin et moi avons prudemment avancé le long du couloir, chacun de nous s’occupant d’un côté, et nous avons vérifié toutes les portes unes à unes. Elles étaient toutes verrouillées. À chaque nouvelle porte inspectée, nous nous arrêtions quelques instants pour tendre l’oreille et essayer de percevoir un quelconque bruit ou mouvement, mais le calme était total. Oppressant même. Dans ce long couloir au sol moquetté, ne laissant filtrer aucun bruit, nous avions l’impression d’être dans une autre dimension. Je n’en menais pas large, et je sentais que Kévin non plus, mais nous avons tout de même continué à avancer, sur le qui-vive.

En arrivant au niveau de la dernière porte, j’ai tourné la poignée sans conviction, certaine qu’elle serait tout aussi verrouillée que les autres. Mais à ma grande surprise, ce n’était pas le cas. Elle s’est ouverte sur ce qui ressemblait à un bureau inutilisé. Il y avait une salle d’attente avec des chaises empilées dans les coins, et une salle de consultation qui semblait avoir été vidée précipitamment. Peut-être celle d’un médecin ayant déménagé en urgence ? Quoi qu’il en soit, c’était étrangement glauque. Je n’aimais pas l’atmosphère qui y régnait. Pressée d’en finir avec cette inspection qui me paraissait désormais inutile, je suis allée jeter un coup d’œil dans la salle de consultation, vérifiant que personne ne se cachait dans un placard ou derrière un rideau. Et comme vous vous en doutez, il n’y avait personne. Tout était désert, et très calme. Pestant contre ces compagnies de sécurité qui paniquaient pour un rien et nous faisaient perdre notre temps, nous avons rebroussé chemin, et nous sommes ressortis dans le couloir.

Mais quelque chose n’allait pas.

La faible lumière qui éclairait cette partie-là du couloir était éteinte, alors qu’on l’avait vue allumée il y a quelques minutes à peine. Elle avait été remplacée par une autre lumière au-dessus de la cabine d’ascenseur, de l’autre côté du couloir.

« C’est étrange, » j’ai commencé en me tournant vers Kévin. « J’aurais juré qu’il n’y avait aucune lampe sur le… »

Je me suis interrompue nette en voyant l’expression de son visage. Il était blanc comme un linge, et pointait sa lampe-torche d’un bras tremblant dans le couloir, les yeux écarquillés de peur.

« Qu’est ce qui ne va pas ? » je lui ai demandé, étonnée et inquiète.

« On est d’accord que toutes les portes de ce fichu couloir étaient fermées et verrouillées quand nous les avons vérifiées ? »

« Euh oui, pourquoi tu… »

Je n’ai pas eu besoin de finir ma question.

Quand je me suis enfin tournée vers le couloir pour suivre son regard terrifié, j’ai vu que toutes les portes étaient à présent grandes ouvertes.

Mon cœur a failli s’arrêter, et j’ai senti mes jambes se dérober sous moi. Je me suis retenue au mur de justesse.

« Tu penses que quelqu’un nous joue un mauvais tour ? » j’ai murmuré d’une voix tremblante.

« Je n’ai entendu personne… Je n’ai même pas entendu ces portes s’ouvrir… »

Nous savions ce qu’il nous restait à faire, nous n’avions pas le choix. Nous devions inspecter chacune de ces pièces soudainement mystérieusement accessibles.

Sans nous éloigner l’un de l’autre, et plus alertes que jamais, nous avons fait le tour des bureaux, très similaires à celui qui était ouvert au bout du couloir, le désordre en moins. Il n’y avait absolument rien à signaler. Nous avons fouillé tous les recoins, toutes les potentielles cachettes, mais il n’y avait pas âme qui vive dans cet étage en dehors de nous. Je ne savais pas si je devais me sentir soulagée ou terrorisée. S’il n’y avait personne, comment diable ces portes pouvaient-elles être ouvertes ? Je n’étais même pas sûre de vouloir le savoir. Tout ce que je voulais, c’était partir d’ici en vitesse. Kévin partageait mon avis, et nous nous sommes dépêchés de traverser la dernière salle d’attente pour rejoindre de nouveau le couloir.

Nous avions à peine posé le pied en dehors de la salle lorsque soudainement, toutes les portes ont claqué dans un fracas épouvantable, y compris celle qui était juste derrière mon dos et qui a manqué de peu de me couper en deux.

Nous étions paralysés de terreur, incapables de faire un seul pas alors que le fracas des portes résonnait encore dans nos crânes.

Mais ce n’était pas le pire.

Nous avons soudainement senti une présence écrasante, hostile, malveillante s’abattre sur nous, et nos radios ont complètement disjoncté. Elles se sont brutalement mises à émettre des grésillements et un bruit statique perçant. Et derrière ce bruit, quelque chose d’autre se faisait entendre. Une voix, rauque, distordue, qui n’avait rien d’humain. La terreur qui m’a envahie en l’entendant m’a sortie de ma paralysie, et je me suis précipitée vers l’ascenseur, Kévin sur mes talons.

La lumière au-dessus des portes de la cabine, qui ne provenait d’aucune source visible, clignotait à toute vitesse, créant une ambiance psychédélique qui déformait tout l’espace autour de nous. Et plus on courait vers l’ascenseur, plus il s’éloignait. J’avais l’impression de perdre complètement la tête, de sombrer dans la folie et le chaos. J’ai fermé les yeux, courant de toutes la force dont mes jambes étaient capables, et une seconde plus tard, je m’écrasais douloureusement contre une paroi en métal glacé. L’intérieur de la cabine !

Kévin est arrivé une seconde après moi, le teint d’une pâleur inquiétante, et j’ai frénétiquement appuyé sur le bouton du rez-de-chaussée, refusant catégoriquement de lever les yeux pour voir ce qui se passait dans ce couloir de l’enfer. J’ai eu l’impression que les portes bougeaient à une vitesse absurdement lente alors que la présence se faisait de plus en plus écrasante. Mais finalement, par je ne sais quel miracle, elles se sont fermées, et la cabine est descendue à l’étage inférieur. Nous avons émergé dans le rez-de-chaussée pantelants, hors d’haleine et au bord de la syncope. Nous avons regardé autour de nous à la recherche du responsable des clés, mais il n’était nulle part. Nous l’avons appelé plusieurs fois, sans aucune réponse. Puis, quand nous avons vu la cabine se refermer et commencer à monter, appelée par je ne sais quelle force obscure, nous avons détalé comme des lapins jusqu’à l’extérieur.

De retour à notre voiture, nous avons appelé l’opératrice qui nous avait envoyé en patrouille pour lui dire que nous n’avons trouvé aucun intrus – ce qui était la vérité, dans un sens – et lui demander le numéro de téléphone du responsable des clés pour lui faire un rapport, car il était soudainement parti. Étonnée, elle nous a répondu qu’il était toujours en route et n’arriverait que dans quelques minutes. Kévin et moi avons échangé un regard confus, avant d’expliquer à l’opératrice que nous l’avions déjà rencontré. Elle semblait aussi confuse que nous, et elle nous a demandé de contacter directement la société de sécurité pour les informer de ce qui s’était passé.

J’ai noté le numéro et je les ai appelés tout de suite après. Un opérateur a décroché, et je lui ai expliqué la situation. Il m’a répondu qu’il était impossible que nous ayons rencontré le détenteur des clés. D’une, parce qu’eux-mêmes venaient à peine de réussir à l’avoir en ligne, et de deux, parce qu’il s’agissait d’une femme, et non d’un homme.

Complètement abasourdis, et incapables d’expliquer ce qui venait de se passer, nous avons attendu la « vraie » responsable. Elle est arrivée quelques instants plus tard, et voyant nos mines décomposées, elle nous a demandé ce qui s’était passé. Nous lui avons tout raconté, et au fur et à mesure de notre récit, elle pâlissait de plus en plus. Elle nous a demandé de décrire l’homme que nous avons vu, et quand nous nous sommes exécutés, elle a perdu les dernières couleurs qui restaient sur son visage.

« L’homme que vous avez vu est le docteur Ross, » elle nous a avoué d’une voix tremblante. « Il travaillait ici jusqu’à peu, son bureau était celui du premier étage, au bout du couloir. C’était un médecin brillant, à qui tout souriait dans la vie, jusqu’à ce qu’il plonge dans une grave dépression. Il a commis plusieurs erreurs graves, et l’une d’elle a coûté la vie à un patient. Il a mis fin à ses jours la semaine dernière, ici-même. »

Complètement sonnés, nous l’avons saluée et nous sommes retournés au commissariat. Le lendemain, j’ai posé un congé. Je ne suis toujours pas revenue au travail. Je ne sais pas si j’en retrouverai la force un jour. Mais une chose est sûre.

Je ne m’approcherai plus jamais de ce bâtiment.

Texte par Daenys, inspiré d’un vrai témoignage

Facebook
Twitter
Google+
http://www.horrorstory.fr/creepypastas/creepypasta-fr-cette-patrouille-de-police-a-tres-mal-tourne/

Lien Permanent pour cet article : http://www.horrorstory.fr/creepypastas/creepypasta-fr-cette-patrouille-de-police-a-tres-mal-tourne/

2 Commentaires

    • Lycarus Le 7 avril 2020 à 1 h 25 min
    • Répondre

    Intéressant tout cela,
    Une communication dans une autre dimension peut-être.

  1. ?????????????????????? C’est tout se que j’ai a dire

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.

error: Copie impossible