Creepypasta FR : La petite fille dans le placard

Abigail Winters est décédée soixante-quinze ans avant qu’on se rencontre.

Elle avait sept ans, comme moi, et aimait les poupées et les broderies. Elle portait de jolis rubans dans les cheveux. Je n’aimais rien de tout cela, mais j’appréciais Abigail malgré tout.

Ma famille vivait dans la grande maison Victorienne au 23 Grofford’s Field Lane depuis environ six mois , quand je l’ai trouvée pour la première fois dans le placard de ma chambre. Elle était blottie contre le mur du fond, une poupée de chiffon simplement faite serrée contre sa poitrine. Ma première réaction fut le choc, mais pas la peur. Ce n’était qu’une petite fille, après tout. Dans une robe bleu marine avec un col en dentelle et des rubans en satin dans les cheveux. Elle m’a regardée avec de grands yeux et a mis un doigt sur ses lèvres.

Chuuut.

J’ai reculé d’un pas et j’ai doucement fermé la porte du placard.

*

La deuxième fois où je l’ai vue, elle s’était cachée derrière le fauteuil de mon père dans le salon. Elle m’observait, avec juste ses yeux et le sommet de sa tête de visibles. Quand elle a réalisé que j’avais remarqué sa présence, elle s’est baissée hors de vue avec un cri étouffé. Papa, qui était assis dans le fauteuil pendant tout ce temps, a simplement tourné la page de son journal sans aucune réaction. J’ai attendu qu’il se lève et quitte la pièce avant de me diriger vers le fauteuil sur la pointe des pieds et jeter un coup d’œil derrière.

Il n’y avait pas de petite fille.

À l’époque, le mot « fantôme » ne figurait pas dans mon vocabulaire, et le seul esprit que je connaissais était le Saint-Esprit.

Dire que j’avais été couvée pendant mon enfance est un euphémisme. J’ai été scolarisée à la maison, et l’unique interaction que j’avais avec des enfants de mon âge venait des jours où on allait au parc ou à l’église. J’étais donc confuse quand j’ai commencé à voir Abigail, je ne savais pas quoi faire d’elle ni comment réagir. J’ai essayé de demander à mes parents qui était l’autre petite fille dans la maison, celle avec la robe et de longs cheveux, mais ils avaient l’air encore plus confus que moi, et même un peu inquiets à l’idée que je voyais des choses qui n’existaient pas, j’ai donc arrêté d’en parler.

Il est plus facile, quand on est enfant, de juste accepter les choses telles qu’elles sont.

Pendant les semaines qui ont suivi, je la voyais se cacher derrière des meubles ou dans un coin. Si j’essayais de lui parler, elle me faisait signe de me taire et se dépêchait de se cacher à nouveau. Je n’arrivais jamais à la suivre quand elle faisait ça. Au bout d’un moment, j’ai fini par juste m’asseoir à ses côtés, aussi silencieuse qu’elle. Quand elle a commencé à s’y habituer, j’ai ramené des jouets et je les ai placés devant nous. Abigail n’y a jamais touché, elle préférait sa propre poupée ou travailler sur la broderie qu’elle avait parfois avec elle, mais on s’amusait toutes les deux, silencieuses, côte à côte.

« Je m’appelle Dawn, » j’ai osé dire un jour, à peu près un mois après avoir trouvé cette étrange fillette se cachant de mon placard.

Elle a souri, avec une expression douce, jolie, et elle a hoché la tête en faisant danser sa poupée autour d’un de mes camions Tonka.

« Comment tu t’appelles ? »

Elle a posé sa poupée, le temps de sortir un médaillon d’argent de sous son col et m’a montré le dos de celui-ci. « Abigail » avait été gravé dessus en lettres fines et arrondies.  Elle l’a très vite remis sous son col, et nous avons poursuivi tranquillement notre jeu de poupées et de camions, heureuses comme seuls les enfants peuvent l’être de juste être en compagnie l’une de l’autre.

Cependant, les journées n’étaient pas toutes paisibles.

Parfois, je trouvais Abigail cachée quelque part, et aucune parole, aucun geste, aucune cajolerie ne la faisait sortir de son coin. Elle avait l’air tellement petite dans ces moments-là, elle tremblait et était pâle, clairement effrayée, mais je ne savais pas pourquoi.  J’ai essayé de lui poser la question, mais, comme toujours, elle restait silencieuse et me fixait avec une expression que je ne lui connaissais pas.

« Tu veux que j’aille chercher ma maman ? Elle est douée pour remonter le moral, » je lui proposais, mais Abigail secouait la tête, son petit ruban de satin voletant autour.

« Tu veux que je reste avec toi ? »

Lentement, en hésitant, elle hochait la tête. Je prenais une chaise à côté d’elle, et on attendait ensemble que le je-ne-sais-quoi qui l’embêtait passe.

Après autant de temps passé cachées dans mon placard, son endroit préféré quand elle était effrayée, je lui ai enfin demandé de qui elle se cachait.

Abigail m’a fixée, l’indécision se lisant sur son visage, avant de me tendre une petite main. Je l’ai prise sans hésitation – la confiance aveugle de l’enfance – et j’ai été choquée par la froideur glaciale de ses doigts quand ils se sont fermés autour des miens. Elle m’a fait signe de me taire, puis s’est mise debout. J’ai fait de même, et elle a ouvert la porte du placard, centimètre par centimètre, jetant un coup d’œil craintif à l’extérieur. Finalement, elle m’a prise par la main et on s’est faufilées hors du placard.

La chambre dans laquelle on était n’était plus la mienne. À la place de ma couette violette à motifs de licorne, ma boîte à jouets et mon armoire blanche, il y avait désormais du mobilier beaucoup plus sombre. Un lit à baldaquins avec de lourds rideaux de velours occupait une grande partie de la pièce, et une grande commode occupait le mur du fond. Depuis la fenêtre, je voyais qu’il faisait noir dehors. J’ai commencé à demander à Abigail où nous étions, mais elle a pressé ma main en secouant la tête, les lèvres étroitement pincées.

Pour la première fois depuis notre rencontre, je pouvais sentir la nervosité me nouer le ventre.

Elle m’a guidée sur la pointe des pieds hors de la chambre, vers le couloir qui était il y a à peine quelques instants décoré de portraits de famille et d’un long tapis, et qui était maintenant tout en plancher dur, avec un seul portrait de famille accroché au niveau des escaliers. J’ai immédiatement reconnu Abigail dessus, même si elle était beaucoup plus jeune, et j’ai deviné que les deux adultes sans expression debout à côté d’elle étaient ses parents.

Encore une fois, j’ai essayé de lui demander ce qui se passait, et encore une fois elle m’a fait signe de me taire.

Une planche de bois sous nos pieds a craqué.

« Abigail ! » a appelé une femme d’une porte entrouverte dans le couloir. Ça aurait dû être la chambre de mes parents, mais je n’ai pas reconnu la voix aiguë. Ce n’était certainement pas celle de ma mère.

La main d’Abigail a commencé à trembler dans la mienne.

« Abigail Winters ! » a appelé à nouveau la voix.

À contrecœur, mon amie s’est éloignée de moi, et a levé une main pour m’indiquer de ne pas bouger. Elle s’est avancée dans le couloir, vers la porte. Dès qu’elle a pénétré dans la pièce, la voix aiguë s’est élevée à nouveau, mais elle était faible et étouffée, je ne comprenais donc pas ce qui se disait. Malgré le souhait évident d’Abigail que je ne bouge pas, je me suis dirigée discrètement vers la porte, jusqu’à pouvoir jeter un coup d’œil à travers la porte qu’elle avait laissée légèrement ouverte.

Une femme était assise devant une coiffeuse. Elle semblait grande et mince, avec un cou étrangement long qui lui donnait un air de vautour. Elle tournait le dos à la porte, et s’adressait à Abigail.

« Tu n’as pas été dans les affaires de Mère, n’est-ce pas ? »

Abigail a silencieusement secoué la tête.

« Tu as intérêt à ne pas l’avoir fait ! Le bon seigneur sait à quel point je me suis sacrifiée pour toi. Je devrais être autorisée à garder les rares plaisirs que j’ai encore. »

Pendant que la femme parlait, elle a tourné sur son tabouret pour faire face à Abigail, et j’ai failli laisser échapper un cri.  La moitié de son visage était constituée d’un masque de porcelaine, d’un blanc pur avec des lèvres peintes en rouge vif. Mais l’autre moitié, où le masque s’était cassé, révélait des traits lourds, difformes. Un œil globuleux et surdimensionné, un nez porcin, et une grande bouche qui, une fois ouverte, révélait une rangée de dents irrégulières.

Quand elle s’est levée, elle s’est penchée sur Abigail. Une imposante silhouette dans une robe noire à col haut.

« Je ne trouve plus mon peigne de jade. Si tu l’as de nouveau pris, je demanderai à ton père de s’occuper de toi ! » De grosses larmes silencieuses ont commencé à rouler sur les joues d’Abigail et la femme a claqué sa langue avec dégoût.

« Tu n’as aucune raison de pleurer, enfant, » elle a ricané. « Si quelqu’un devait pleurer, ce devrait être moi, n’est-ce pas ? Moi, qui me suis ruinée pour t’amener dans ce monde. Moi, qui t’ait donné ma jeunesse. Moi, qui ait élevé une créature aussi ingrate. Comment puis-je supporter de regarder la chose qui prend et prend et prend, et qui ne me donne pourtant rien en retour ? Hors de ma vue, va-t’en ! »

Quand Abigail n’a pas immédiatement bougé, la femme a levé une main comme pour la gifler, et mon amie a frénétiquement couru hors de portée pendant que la femme riait d’un rire cruel, haineux, qui s’est vite transformé en sanglots furieux.

« Que ne ferais-je pas pour me débarrasser de toi et revenir à mon moi d’antan ! Tu m’as ruinée ! Tu m’as ruinée ! »

Abigail s’est élancée dans le couloir en claquant la porte derrière elle. Elle respirait lourdement, sa poitrine se soulevant violemment, et la douleur que j’ai vu tordre son visage ne ressemblait à rien que j’aie pu connaître. Je ne savais pas quoi dire ni quoi faire, je voulais juste quitter cet endroit qui était une version étrange, terrible, altérée de ma propre maison. Mon amie a dû sentir ma panique grandissante, parce qu’elle m’a pris la main à nouveau et a commencé à me tirer vers ce qui aurait dû être ma chambre.

Quelque chose reniflant et grommelant en bas des escaliers l’a fait se figer.

Un homme, ou ce qui ressemblait à un homme, montait vers nous. Au lieu d’un visage, il avait un énorme groin de cochon aux narines dilatées et des lèvres battantes. Son menton était humide et taché de rouge. Je pouvais sentir son odeur monter jusqu’à nous, au deuxième étage, comme une des bouteilles de vin que mes parents ouvraient pendant les fêtes. Il a monté une marche en trébuchant, puis une autre. Les mains qui dépassaient de sa large chemise blanche étaient énormes et serrées en poings. Des veines palpitaient dessus.

« Abigail, » a grogné l’homme-cochon. « Tu te conduis mal à nouveau ? Descend ici, misérable déchet. Descend et je t’apprendrai à faire honneur à ta mère et à ton père ! »

Il a trébuché sur une autre marche et a levé un de ses poings charnus vers nous.

« Viens ici, ma fille ! »

C’était à mon tour de tirer Abigail. On s’est enfuies du couloir et l’homme au visage de cochon a lancé un rugissement furieux. Toute la maison semblait trembler autour de nous alors qu’il montait lourdement l’escalier. Abigail m’a jetée dans la chambre et m’a suivie dedans en claquant la porte. Elle a pris la chaise qui était à côté de la commode et l’a coincée sous la poignée. La porte a violemment tremblé quand l’homme s’est jeté dessus avec un autre rugissement.

On pleurait toutes les deux, complètement terrifiées. On s’est précipitées vers le placard pour s’y cacher, on a fermé la porte derrière nous et on s’est tenues très fort la main dans le noir.

Peu à peu, les grognements et les coups ont ralenti, jusqu’à ce que tout redevienne silencieux à nouveau. La main d’Abigail s’est desserrée et, même si j’essayais de l’en empêcher, elle a ouvert la porte du placard.

Les rayons du soleil inondaient ma chambre en ce début d’après-midi. Toutes mes affaires étaient exactement là où je les avais laissées.  Je pouvais entendre le bruit de l’aspirateur venant d’en bas. Je me suis frayé un chemin devant Abigail, qui m’a regardée avec un air désespéré, et je me suis précipitée hors de ma chambre pour me jeter dans les bras de ma mère. Elle avait l’air confuse, mais elle m’a serrée fort et nous sommes restées comme ça un moment.

Cette nuit-là, j’ai essayé de parler à mes parents d’Abigail, de la grande femme au masque cassé et l’homme à tête de cochon. J’ai essayé de leur raconter comment j’ai atterri dans une autre chambre en passant par mon placard, mais ils ont juste conclu que j’avais fait un cauchemar pendant ma sieste parce que j’avais regardé trop de dessins animés. Ils m’ont calmée avec des caresses sur la tête et des câlins et m’ont dit que tout allait bien, qu’ils étaient là pour moi et qu’ils ne laisseraient rien de mal m’arriver.

C’était à la fois incroyablement frustrant et incroyablement réconfortant.

J’ai refusé de rester seule à la maison dans la semaine qui a suivi, restant collée à ma mère comme de la glue. Je dormais même sur le sol de leur chambre. Je n’avais pas revu Abigail depuis cette fameuse après-midi. Et c’était mon inquiétude pour mon amie, l’amie à laquelle mes parents ne croyaient pas, qui m’a finalement décollée de ma mère et m’a fait regagner ma chambre.

Abigail était assise dans le placard, dans la même position que la première fois où on s’était rencontrées.

« C’était ta maman et ton papa ? » j’ai demandé en chuchotant, après m’être assise à côté d’elle.

Je me suis souvenue du couple du portrait de famille, au visage de pierre, l’air sévère et froid, et j’ai reconnu certains de leur traits chez la femme au masque et l’homme-cochon.

Elle a hoché la tête, d’un mouvement lent et agonisant.

« Ils ne sont pas gentils, » je lui ai dit.

Elle s’est contentée de me regarder tristement.

Je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire. Je n’étais moi-même qu’une enfant. J’ai donc fait ce que ma mère faisait toujours pour moi quand j’étais triste : je l’ai entourée de mes bras et je l’ai serrée très fort.

Abigail a continué à me rendre visite toute l’année suivante. Je ne savais vraiment pas ce qu’elle était exactement, ni d’où elle venait, mais ça n’avait aucune importance pour moi. Tout ce qui comptait, c’est qu’elle était mon amie. Elle n’a jamais parlé, elle ne m’a plus jamais touchée, nous ne sommes jamais retournées dans sa version de la réalité, et je n’ai plus jamais parlé d’elle à mes parents. On se contentait de jouer ensemble, appréciant la compagnie de l’autre et profitant de ces moments.

Nous étions simplement deux enfants, essayant d’être insouciantes.

Et puis, mes parents ont décidé qu’ils voulaient rénover la salle de bain jumelée à ma chambre, ce qui nécessitait de démolir une partie du mur entre les deux. Le mur au fond de mon placard.

Je n’oublierai jamais la façon dont l’ouvrier a hurlé quand il a démoli le mur. De vieux journaux étaient tombés à ses pieds, et dans sa précipitation pour quitter le placard, il en a poussé un vers le couloir, où je me tenais. J’avais suivi mon père à l’étage pour voir d’où venait toute cette agitation, et, après qu’on m’ait dit d’attendre pendant que papa allait voir, j’ai ramassé le journal et je l’ai regardé avec curiosité.

Il était daté du 19 novembre 1905.

Je l’ai laissé tomber quelques instants plus tard, quand mon père est sorti précipitamment du placard, m’a attrapée, et a couru dans les escaliers avec moi dans ses bras en criant à ma mère d’appeler la police.

*

Ma famille a quitté la maison pendant tout le mois suivant, et on a vécu avec mes grands-parents de l’autre côté de la ville. Malgré mes questions constantes, personne ne voulait me dire pourquoi.

Quand on a finalement réemménagé, Abigail était introuvable. J’ai passé des jours à la chercher, mais je ne l’ai plus jamais revue. Je n’ai jamais eu l’occasion de lui dire aurevoir.

Des années ont passé avant que mes parents ne me disent enfin ce que l’ouvrier avait trouvé ce jour-là. Ils ont dit qu’ils ne voulaient pas me faire peur, mais je pense que c’était plutôt parce qu’ils ne voulaient pas y croire eux-mêmes. C’était horrible de penser à ça.

Le squelette d’une petite fille, d’environ sept ans, a été retrouvé dans le mur, niché dans un lit fait de vieux journaux. Elle était restée là-dedans pendant une longue période. Quand ils l’ont extraite, ils ont découvert que sa mort avait était causée par un coup violent à la tête. Il y avait aussi une fracture autour de l’un de ses orbites, le genre de fracture causée par un gros poing charnu. Une poupée de chiffon était serrée contre sa poitrine, et, autour de son cou, elle portait un médaillon en argent sur lequel il y avait gravé « Abigail ».

Si mes parents se sont souvenus du nom de mon amie d’enfance « imaginaire », ils n’ont rien dit à ce sujet.

Je n’avais pas besoin qu’ils en parlent d’ailleurs. Moi, je me rappelais.

Je me rappelais de mon amie, avec ses grands yeux brillants et son gentil sourire. Je me rappelais de la façon dont elle ne parlait jamais. Je me rappelais des horreurs qu’elle m’avait montrées.

Et j’ai compris.

Abigail avait vécu une terrible, courte vie avec des parents cruels qui l’avaient hantée même après l’avoir emmurée vivante. Muette, incapable d’appeler à l’aide, les personnes qui étaient supposées l’aimer et la chérir plus que tout au monde étaient devenues les montres contre lesquels ils devaient la protéger. Elle m’avait montré sa réalité de la manière dont elle l’avait perçue. Elle m’avait tendu la main et m’a montré ceux qui l’avaient tuée.

Je ne peux qu’espérer, qu’à travers notre amitié, elle a trouvé un certain amour, un apaisement dans la mort qu’elle n’a pas trouvé de son vivant. Et que maintenant qu’elle a été trouvée, qu’elle puisse reposer en paix.

Je ne peux qu’espérer, que quand elle a quitté ce monde, elle l’a fait en sachant qu’elle a enfin été aimée comme elle aurait toujours dû l’être.


Histoire originale / Original Story
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This story is NOT written by me and was originally posted on Reddit by : https://bit.ly/2ZqcwMJ
I translate my favourite stories in good faith to share them with the french community, so they can discover some of the wonderful stories published in English. All credit goes to the original writers, and I’m very much thankful to them for sharing their awesome work.
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