Creepypasta FR : J’ai exploré un asile abandonné

Tous les êtres humains sont motivés par leur curiosité. Il y a toujours dans notre esprit ce désir irrépressible d’explorer l’inconnu, le mystérieux, et faire monter l’adrénaline. En ce qui me concerne, je retire cette montée d’adrénaline de l’exploration urbaine, qui, comme son nom l’indique, consiste à explorer des bâtiments et des structures abandonnées, laissés pourrir, à la merci de Mère Nature.

L’exploration urbaine est très populaire de nos jours, grâce à Internet. Si vous en pratiquez et que vous avez un compte YouTube, il y a une bonne chance que vos vidéos deviennent virales.

Explorer des endroits abandonnés reste toujours dangereux. Ces dangers comprennent entre autres les planchers et plafonds effondrés, les moisissures toxiques, des problèmes avec la police, des bagarres entre gangs etc…

Il y a souvent, bien sûr, des témoignages d’événements paranormaux dans certains de ces endroits. Étant donné leur passé sordide et dérangeant, ça me paraissait logique.

J’ai moi-même été confrontée au paranormal quelques mois auparavant.

À mon université, je suis actuellement des cours de cinéma pour décrocher un diplôme en production cinématographique. Pour Halloween, notre professeur, M. Anderson, nous assigné un projet spécial pour ce thème. Nous devions créer un court-métrage d’horreur. J’ai eu l’idée de faire un film sur un événement terrifiant dans la vie réelle. Aller dans un endroit hanté et filmer quelque chose de surnaturel, d’effrayant. Je voulais que mon projet balaye celui des autres élèves.

Tous les endroits que j’avais exploré jusqu’alors avaient absolument zéro activité paranormale, mais après quelques petites recherches et démarches administratives, j’ai fini par trouver l’endroit parfait.

Aux abords de la ville, au sommet d’une colline, se trouve un complexe de bâtiments qui étaient autrefois un hôpital psychiatrique. La bâtisse ne dégageait aucune impression de modernité. Lorsque vous regardiez les imposantes tours de pierre, vous aviez l’impression d’être au beau milieu d’un jeu d’horreur.

Je vais vous présenter un peu de son histoire, sans vous ennuyer avec de trop nombreux détails. L’asile a été construit à la fin des années 1800 dans le cadre du plan Kirkbride créé par Thomas Kirkbride. Ce dernier croyait qu’il fallait offrir aux malades mentaux de grandes chambres, de l’air frais et du soleil pour les guérir. L’asile était supposé être un lieu sûr, confortable, mais il est finalement devenu l’Enfer sur terre pour ses patients.

Selon les enquêteurs fédéraux, des patients forçaient les portes de leurs chambres et se livraient à des meurtres sanglants sur quiconque se trouvait sur leur chemin, tuant un grand nombre des membres du personnel.

Les suicides étaient courants là-bas, des patients se pendaient à l’aide de draps, ou plongeaient la tête dans des marmites d’eau bouillante qu’ils trouvaient dans la cuisine.

La torture d’innocents était devenue une norme. Certains étaient enchaînés depuis tellement longtemps que leur peau avait poussé sur les liens qui les retenaient. D’autres étaient obligés de subir des bains d’eau bouillante ou glacée pendant des heures et des heures. Certains avaient même subi des lobotomies. Pendant la procédure, un pic à glace serait inséré dans l’orbite du patient, pour déconnecter le lobe frontal du reste du cerveau. L’opération laissait des séquelles irréversibles. Ceux qui y survivaient devenaient infirmes, d’autres étaient réduits à l’état de légume.

L’établissement a fini par fermer ses portes en 1980, à cause des abus répétés et des négligences.

Avec la sécurité impressionnante déployée pour garder l’endroit, il était presque impossible de s’y introduire par effraction. Les rares adolescents qui ont réussi à le faire ont raconté toutes sortes d’histoires folles : des portes qui claquaient sans raison apparente, des têtes flottantes, des yeux brillants dans le noir, des fauteuils roulants qui bougeaient tout seuls et des cris désincarnés. L’un des couloirs du bâtiment avait été surnommé « Le Couloir des Ombres », car des silhouettes sombres le parcouraient régulièrement.

Je voulais à tout prix visiter l’endroit, mais je n’étais pas stupide au point de risquer des problèmes avec la justice. Heureusement, mon meilleur ami, John, est le fils du shérif. Je lui ai demandé de nous arranger le coup, et ça a fonctionné à merveille. Le gardien a accepté de nous ouvrir la porte, et j’avais le mot d’autorisation du shérif dans ma poche, au cas où on rencontrerait un garde de sécurité qui ne serait pas au courant.

John était également mon binôme pour ce projet. Étant autant mordu d’histoire que moi, il a aussi fait des recherches sur le passé du bâtiment, et a imprimé une copie des plans qu’il a pu trouver sur Internet, pour qu’on puisse s’orienter pendant notre exploration. Nous avons décidé de commencer par le bâtiment principal.

Une fois dedans, nous avons été ébahis par l’état de l’intérieur. Il était dans un état presque parfait, comme s’il n’avait fermé que la veille. Grâce aux efforts de la police locale, personne n’avait eu l’occasion de le vandaliser ou taguer les murs. Le plafond ne s’était pas effondré – dieu merci, je ne voulais pas que des débris rouillés me tombent dans le cou. Le seul dégât visible était le papier-peint qui se décollait.

Tout ce qui se trouvait à l’intérieur du bâtiment avait été abandonné quand l’hôpital a fermé ses portes. Des fauteuils roulants, des lits, des seringues, du matériel médical et des papiers étaient éparpillés dans presque toutes les pièces.

Après une trentaine de minutes d’exploration, nous avons trouvé la salle de traitement par électrochocs, où plusieurs patients avaient connu un décès inimaginablement douloureux, dû au courant trop élevé pour que leur corps puisse le supporter.

« Hé, regarde ! »

John pointait le mur. Deux épais cordons électriques y étaient attachés. Il a souri et m’a regardée.

« Tout l’argent du monde ne me convaincrait pas de brancher ces trucs-là à mes bras. »

« Sans blague, » j’ai répondu sur un ton sarcastique.

Nous avons quitté la salle de thérapie et nous nous sommes engagés dans un autre couloir sombre. Le bâtiment n’était ni plus ni moins qu’un énorme labyrinthe.

Nous l’avons vue en même temps. Une ombre noire géante a émergé du sol. Ses yeux verts brillants étaient fixés sur nous.

Mes mains tremblaient d’excitation alors que je pointais ma caméra vers la chose. Au bout de quelques secondes, elle a disparu.

« Tu as réussi à filmer ça ? Oh mon dieu, dis mon que tu as réussi à filmer ça ! » s’est exclamé John.

« Bien sûr, » j’ai souri.

John m’a donné une grande tape sur l’épaule.

« On va exploser tous les autres. Notre projet sera le meilleur ! »

Au même moment, ma caméra s’est éteinte. J’ai essayé de la rallumer plusieurs fois, sans succès.

« Je n’arrive pas à y croire… »

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« La batterie est morte. Ça n’a aucun sens. Je l’ai chargée juste avant qu’on parte. »

John a haussé les épaules.

« C’est peut-être à cause des fantômes. Plusieurs enquêteurs de paranormal disaient la même chose concernant leur équipement électronique. On a capturé un fantôme, c’est déjà bien. Et suffisant pour surpasser tous les autres projets. »

« C’est une possibilité. Mais nous avons encore toute la deuxième moitié du bâtiment. On ne va pas laisser une batterie vide nous arrêter, pas vrai ? »

Nous avons donc continué notre aventure. Après quelques minutes, nous avons fini par nous retrouver dans l’aile D, là où étaient enfermées les patientes les plus violentes. De chaque côté du couloir, les portes des chambres en bois épais étaient munies de gros verrous.

C’est à ce moment-là que ça s’est produit.

Sans avertissement, toutes les portes ont violemment claqué, simultanément. Nous nous sommes figés.

Puis elle… est apparue. Il n’y a pas eu de flash de lumière, ni de brouillard, ni aucun des effets qu’on voyait dans les films d’horreur. Elle est juste sortie de nulle part.

Elle portait une simple robe d’hôpital blanche. Sa peau était aussi blanche que des ossements. Ses yeux n’avaient pas de pupilles, pas d’iris, pas de veines. C’était juste des cercles blancs, vides. Quelques mèches de cheveux blonds encadraient aléatoirement son visage. Elle a parlé.

« Vous… Pourquoi êtes-vous ici, tous les deux ? Vous êtes là pour me regarder souffrir, n’est-ce pas ? »

Malgré son apparence terrifiante, sa voix était douce et agréable, mielleuse.

On était paralysés par le choc. Elle a poursuivi :

« Docteurs, vous m’avez dit tous les deux que vous vouliez me soigner, pour que je puisse revenir dans la société, mais vous m’avez menti. Je savais que vous me mentiez. 

À chaque fois que vous m’enfermiez dans une pièce vide, et à chaque fois que vous m’électrocutiez, que vous brûliez ma chair, je voyais ce regard maléfique de joie et de satisfaction dans vos yeux. Vous ne vouliez pas me guérir, je n’étais qu’une expérience pour vous. Un cobaye avec lequel vous vous amusiez.

Finalement, vous vous êtes lassés de moi, vous vouliez donc réaliser une ultime expérience. Alors que j’étais pleinement consciente, vous m’avez attachée à une table d’opération. Vous vouliez découper mon cerveau en morceaux et me regarder hurler d’agonie. Vous vouliez me tuer de la manière la plus douloureuse possible, et vous preniez du plaisir à regarder mes vaines tentatives pour me défaire de mes liens. Vous avez réussi. »

Mon regard s’est baissé vers ses mains, et j’ai vu l’objet qu’elle serrait dans sa main droite.

Un pic à glace.

Elle a remarqué mon regard, et a souri. Alors qu’elle souriait, toute sa peau s’est déformée, son visage s’est tordu, la rendant encore plus hideuse.

« Vous voyez, docteurs, tout ce que je veux… c’est une petite revanche… est-ce que c’est trop demandé ? »

Sa bouche s’est alors ouverte sur un trou énorme, béant, et elle a laissé échapper le hurlement le plus fort, le plus glaçant que j’aie jamais entendu de toute mon existence. Ce n’était pas un hurlement normal, il pénétrait dans ma tête, il occupait toutes mes pensées. Il a soulevé toutes mes peurs et les a amplifiées au point où elles provoquaient des vagues de douleurs insupportables dans tout mon être. Je ne sais pas comment décrire cela autrement. C’était comme si elle incarnait la peur elle-même.

« COURS ! » a crié John aussi fort qu’il le pouvait.

Elle s’est précipitée vers nous avec une rapidité fulgurante, et nous nous sommes enfuis en courant, portés par une peur indescriptible. Nous avons dévalé les escaliers, et une fois au rez-de-chaussée, nous avons sauté par une fenêtre sans vitre. Une fois dehors, elle ne nous a pas suivis.

« Elle est partie ? »

Le visage de John était blanc de peur. J’ai inspiré profondément.

« Je… Je crois. »

Il a pointé un doigt tremblant vers l’hôpital.

« Je ne remettrai plus jamais, jamais les pieds là-bas. Ce que les docteurs lui ont fait subir l’a rendue mauvaise, maléfique. »

Nous sommes rentrés chez nous, trempés de sueur et regardant derrière nous toutes les secondes.

Et oui, nous avons eu des cauchemars. Qui n’en ferait pas, après une telle expérience ?

Je ne vais pas conclure cette histoire en vous disant de ne pas visiter des bâtiments abandonnés avec un passé aussi chargé. Je sais que cet avertissement n’atteindra personne, la curiosité est bien trop forte. Je vais simplement vous demander d’être prudents. Parfois, la pratique de nos loisirs peut conduire à des résultats inattendus.

Et au fait, si on peut considérer cela comme une compensation, nous avons eu la note maximale à notre projet.

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5 Commentaires

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    • Anonyme Le 6 juin 2021 à 17 h 01 min
    • Répondre

    Intéressante, cette creepypasta.
    Pour autant je n’arrive pas à croire qu’ils aient eu la note maximale à leur projet de « court métrage » alors même… que le leur ne dure que quelques brèves secondes !

  1. Dire que j’ai visité une vieille maison de retraite abandonnée il y a quelques jours….
    Après, c’est dans ce genre de cas que me demande si la dame aurait vraiment pus leurs faire du mal ou si elle les aurait juste traversés.

      • Waamaru Le 28 juin 2021 à 10 h 20 min
      • Répondre

      Mouais, l’écriture n’est pas très immersive et pas assez de build-up pour ressentir la moindre angoisse, directement une ombre avec des yeux verts qui apparaît.
      C’est cliché et on a du mal à rentrer dans le récit.

        • Anishow7 Le 11 septembre 2021 à 17 h 33 min
        • Répondre

        pas trop de suspense dommage tres bon contexte lauteur aurait du rajouter un truc avec la camera ou le sherif genre il est trouvé egorgé ou bien des images quon a pas prises pendant lenquete dommage 6/10

    • Lycarus Le 16 avril 2020 à 10 h 36 min
    • Répondre

    J’aurais aimé fait un projet comme ça dans le passé pour monter mes moyens ?

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