Creepypasta FR : Quelque chose a suivi ma fille

Quand ma fille, Lucy, n’avait que neuf ans, elle a été heurtée par un camion alors qu’elle était sur son vélo. Ce n’était pas la faute du chauffeur, et je n’avais jamais vu un homme aussi désolé de toute ma vie. Lucy était tombée au mauvais moment et s’était retrouvée sur le chemin du véhicule. Et se faire renverser par un camion, même roulant à 40km/h, était grave.

L’accident a provoqué une hémorragie cérébrale qui a endommagé de manière permanente ma fille, qui a passé des semaines à l’hôpital. C’était la période la plus terrifiante de ma vie, et mon mari et moi dormions rarement, ces nuits-là. Lucy s’en est finalement tirée, mais elle a gardé des séquelles mineures au cerveau. Rien d’extrêmement grave, elle pouvait parler, marcher et profiter de la vie (ce qui était le plus important) mais elle avait parfois des convulsions, des petits problèmes de langage, et son esprit s’égarait plus qu’avant.

Son rétablissement a été une bouffée d’air frais pour nous, et un poids enlevé de nos épaules. Les médecins ne semblaient ni pessimistes ni optimistes pendant son séjour, et nous nous demandions constamment ce qui allait bien pouvoir rester de la petite fille pétillante qui adorait dessiner.

Pendant son séjour, Lucy remerciait constamment un homme appelé William pour son rétablissement. Les médecins et les infirmières n’avaient aucune idée de qui elle parlait, et nous avons pensé qu’elle avait peut-être mal entendu le nom d’un membre du personnel (le médecin s’appelait Westing, et il y avait aussi un infirmier qui s’appelait Willard). Ce n’est que bien plus tard au cours de son séjour qu’elle a décrit William comme étant un homme âgé, avec des cheveux noirs plus épais sur les côtés que sur le dessus, et portant toujours une blouse d’hôpital. Malgré le fait que le personnel ne sache pas du tout de qui elle parlait, nous avons supposé qu’il s’agissait d’un patient du même étage qu’elle croisait de temps en temps.

 Une fois pleinement rétablie, Lucy est rentrée à la maison, et elle a immédiatement semblé différente. C’était à prévoir. On nous avait prévenus qu’il pouvait y avoir des changements de personnalité, des problèmes de concentration, et même des difficultés de langage. Tous ces symptômes étaient occasionnellement présents et étaient mineurs, mais ce qui nous a le plus inquiétés était son activité dans sa chambre.

Tard dans la nuit, nous entendions parfois Lucy chuchoter, rire, et même se disputer. Elle est enfant unique, et nous ne sommes que trois à la maison. Nous ne savions pas ce qui se passait, et nous étions inquiets à l’idée qu’elle se parle à elle-même dans sa chambre si tard dans la nuit. Nous en avons parlé à son médecin à de nombreuses reprises, et il a dit que même s’il n’était pas très commun d’avoir des hallucinations, ça pouvait être dû au processus de guérison combiné à l’imagination d’un enfant. Nous avons choisi d’ignorer son comportement, espérant que ça finirait par ralentir, puis disparaître.

Mais ça n’a pas été le cas. Au contraire, ça a même augmenté au cours du mois suivant. Lucy restait réveillée jusqu’à une heure, deux heures, et même trois heures du matin à parler. Encore plus inquiétant, les rires et les chuchotements étaient petit à petit remplacés par des disputes et des sanglots.

Nous avons essayé d’en parler avec Lucy, mais son humeur changeait de manière flagrante. Si nous lui demandions à qui elle parlait, ou avec qui elle se disputait la nuit, elle se fermait complètement, les larmes aux yeux. Même si c’était évident que cela la dérangeait, sa réponse était toujours « personne » ou « non, je ne le fais pas ». Le simple fait de lui poser la question lui plombait le moral pour le reste de la journée, nous avons donc arrêté de lui poser la question, temporairement.

Ce comportement n’a fait que continuer. Lucy parlait toujours à quelqu’un la nuit, et essayait de l’ignorer pendant la journée. Les disputes, cependant, avaient commencé à devenir plus claires. Mon mari, à plusieurs reprises, a entendu notre fille crier à son mystérieux ami de « la laisser tranquille » ou « reculer ». Et une fois, nous l’avons entendue tous les deux crier « Je ne t’ai pas demandé de rentrer avec moi ! », et c’est là que nous avons commencé à comprendre.

Le matin suivant cette explosion de colère, nous nous sommes tous assis à la table de la cuisine, et nous en avons parlé à nouveau. Mon mari, le plus calme et posé d’entre nous, a entamé une conversation très délicate.

« Pourquoi tu ne dessines plus, ma puce ? » il a demandé. Nous avions remarqué que le loisir préféré de Lucy, le dessin, s’était arrêté.

« Je ne veux pas, » elle a répondu. Elle avait l’air tellement triste et perdue, à ce moment-là.

Je lui ai demandé pourquoi. Avant cette discussion, nous pensions qu’elle avait peut-être du mal avec la coordination de ses mains, mais maintenant, il était évident que c’était en rapport avec ses longues nuits sans sommeil.

« Je n’aime pas ce que je dessine, » elle a dit, avant de commencer à pleurer en silence.

« Est-ce que la personne sur qui tu cries n’aime pas tes dessins ? » Mon mari pensait avoir tout compris, mais nous étions en fait très loin du compte.

« Non, il ne veut pas que je le dessine et moi je le veux. Maintenant je ne veux plus. »

Ses larmes s’étaient arrêtées, et c’était évident qu’elle avait quelque chose à nous dire. Mais j’avais déjà ma petite idée.

« William, » j’ai dit, prétendant connaître la réponse même si je n’étais pas sûre.

« William était gentil à l’hôpital. » Elle a légèrement pâli, et son ton s’est transformé en murmure. « Je voulais le dessiner quand nous sommes rentrés à la maison, mais il ne voulait pas. Puis il a commencé à se mettre en colère contre moi, alors je l’ai mis dehors. »

Elle s’est interrompue, et j’ai passé mes bras autour de ses épaules, l’encourageant à continuer.

« Il reste debout à l’extérieur de ma fenêtre maintenant. Il me fixe et il est très en colère et en crie dessus à travers la vitre la nuit. Il n’a plus la même apparence maintenant. »

J’ai glissé ma tablette et mon stylet à Lucy, et je lui ai demandé de dessiner. Généralement, ses dessins représentaient des voitures, des maisons, des personnages de dessin animé, ou des super-héros. Elle a toujours été très talentueuse, et avait déjà son propre style. Elle a commencé à dessiner alors qu’elle parlait.

« Je crois que c’est un fantôme, maman. Je sais que vous me dites tous les deux qu’ils n’existent pas, mais je pense vraiment que c’est un fantôme. »

Je voulais lui dire que les fantômes n’étaient pas réels. Je voulais lui dire que peut-être que sa blessure à la tête lui faisait imaginer des choses qui n’étaient pas là, mais je n’étais pas sûre de moi.

Elle a fini son dessin après une minute, et ce qu’elle nous a montré nous a terrifiés, mon mari et moi.

« Est-ce que c’est lui à l’hôpital ? »

Je savais déjà que ce n’était pas le cas, c’était après qu’elle soit rentrée à la maison. Après que Lucy l’ait énervé.

« Non, c’est lui à l’extérieur de la fenêtre. Sa bouche devient très grande et il n’a plus d’yeux. Comme s’il faisait semblant de les avoir, ou qu’il pouvait les enlever quand il voulait. »

« Est-ce qu’il t’a dit que c’était un fantôme, à l’hôpital ? »

Mon mari cherchait à trouver le meilleur angle pour aborder la question, mais j’avais honnêtement renoncé à comprendre.

« Non, il a dit qu’il venait de la chambre d’à côté. Il passait me voir la nuit et me racontait des histoires pour que je guérisse plus vite. »

Lucy était en train de craquer à ce stade, et nous avons pensé qu’il valait mieux arrêter pour le moment.

« Tu n’as pas d’ennuis, ma puce. Tu veux dormir dans notre chambre, cette nuit ? »

Je ne voulais pas qu’elle reste seule dans sa chambre.

Elle a tout de suite paru plus heureuse, nous demandant si on pouvait regarder Netflix sur la télé, et nous avons accepté.

Après la conversation, je suis allée jouer à la PlayStation avec Lucy, pour lui changer les idées. Mon mari, lui, a appelé le médecin, et a eu une longue conversation avec lui.

Nous en avons parlé dès qu’il a terminé, seuls dans la salle à manger. Le médecin pensait que ce n’était pas normal, mais il ne pouvait savoir avec certitude si c’était un effet secondaire de l’accident, ou si c’était plutôt lié à ses convulsions (qu’elle n’avait plus eu depuis son séjour à l’hôpital), ou si c’était sa manière à elle de manifester un problème émotionnel. Mon mari lui a demandé de vérifier si un certain « William » avait déjà séjourné dans la chambre voisine de celle de Lucy, mais le médecin a répondu que même si c’était le cas, il ne pourrait pas nous le dire. Il semblait certain qu’il n’y avait ni fantôme ni démon, cependant, et cela nous a un peu rassurés.

Pourquoi ? Parce que nous ne voulions pas y croire.

Lucy a dormi dans notre chambre cette nuit-là, et elle a dormi d’une traite. Elle ne s’est pas réveillée pour chuchoter, parler, rire ou se disputer de toute la nuit. Elle a juste dormi. Ce n’était qu’à moitié rassurant. D’un côté, notre fille avait passé une nuit entière sans comportement étrange, et de l’autre, c’était effrayant que ce comportement ne se manifeste que quand elle était seule. C’était presque une confirmation de ce qu’elle nous avait raconté.

Nous l’avons laissée dormir dans notre chambre pendant une semaine, et pas une seule nuit elle n’a agi étrangement. Elle regardait la télévision et s’endormait profondément. Cela voulait dire que nous allions devoir faire un test qu’aucun parent n’a envie de faire. Nous devions remettre Lucy dans sa chambre pour une nuit, et prendre le risque qu’elle revoit ce William.

*

Il était 23h, et mon mari et moi attendions, aux aguets. De temps en temps, l’un de nous se levait pour coller son oreille à la porte de Lucy, à la recherche de quelque chose d’anormal. Nous l’avons mise au lit, et malgré sa récalcitrance, elle s’est profondément endormie vers 21h. Nous ne savions pas exactement à quel moment ces épisodes se manifestaient, on le remarquait généralement quand l’un de nous se levait pour aller boire ou aller aux toilettes. Nous avons donc attendu.

Minuit est arrivé, puis une heure, puis deux heures du matin.

Un grincement dans la pièce, sûrement Lucy en train de bouger dans son lit, s’est fait entendre. Suivi quelques secondes plus tard par des chuchotements. Je n’allais pas laisser la situation dégénérer en dispute, j’ai donc ouvert la porte à la volée.

En face de la porte, Lucy, en pyjama, se tenait près de la fenêtre. Aucun visage ne se trouvait de l’autre côté, mais elle s’est rapidement tournée vers moi, et je pouvais clairement voir qu’elle était en colère.

« Il est revenu et il voulait entrer, » a dit Lucy, plus en colère qu’effrayée. « Je lui ai dit non et il s’est énervé. Il était sur le point de commencer à crier quand tu… »

Elle s’est interrompue et s’est tournée vers la fenêtre.

« Lucy ? Il n’y a personne à la fenêtre. » Je pensais qu’elle le voyait toujours.

« Il se cache, » elle a répondu, sans quitter la fenêtre des yeux. « Il se cache là-bas, en attendant que tu partes. »

Mon instinct maternel s’est activé. S’il y avait vraiment quelque chose en train d’embêter ma fille, j’allais m’en occuper. Et si c’était son esprit qui lui jouait des tours, j’allais faire semblant. Je me suis dirigée vers la fenêtre, je l’ai ouverte, et j’ai sorti ma tête en criant à ce William de s’en aller et de ne jamais revenir.

C’est là que j’ai entendu mon mari pousser un cri de surprise depuis le couloir.

Je me suis retournée et je lui ai lancé : « Ne t’en fais pas, c’est juste moi qui ai crié, il était revenu. »

Je pensais que je l’avais fait sursauter en criant sans prévenir, et je me suis dirigée vers notre chambre pour lui raconter ce qui venait de se passer. Mais il s’était déjà levé et se tenait sur le seuil de la chambre de Lucy, le visage grave, une lueur de terreur dans le regard. Il m’a attrapé le bras et m’a tirée dans le couloir, loin des oreilles de notre fille.

Il avait l’air vraiment effrayé, et ce qu’il m’a dit me donne les larmes aux yeux, alors que je vous raconte ça.

« Quand tu criais par la fenêtre, j’ai entendu une voix d’homme venant de l’extérieur, disant : ‘je vais revenir, Lucy’. Ça venait de derrière le mur. »

« Il n’y avait rien à l’extérieur quand j’ai regardé… », j’ai murmuré, terrifiée.

« Reste avec Lucy, je vais faire tour de la maison. »

Je suis retournée en courant à la chambre de Lucy, que j’ai inspectée de fond en comble pour voir si quelqu’un s’y cachait, mais il n’y avait rien. Mon mari est également revenu bredouille de son inspection. Il n’y avait pas d’homme, pas de fantôme, pas de voiture, et pas de bruit de quelqu’un en train de s’enfuir.

Nous avons recouché Lucy dans notre lit, restant à son chevet jusqu’à ce qu’elle s’endorme à nouveau. Puis nous sommes sortis dans le couloir, et nous avons parlé. Mon mari m’a dit que la voix qu’il avait entendue ressemblait davantage à un murmure de colère qu’à quelqu’un criant en retour.

*

Lucy dort avec nous depuis un mois, maintenant, et elle dort parfaitement bien. J’ai essayé de faire des recherches avec le nom de William, dans notre région et autour de l’hôpital, mais je n’ai rien trouvé. Je n’ai pas non plus réussi à trouver quelqu’un qui corresponde à la description que Lucy en avait fait. Mon mari commence à croire que quelque chose a suivi notre fille depuis l’hôpital, et je crois que je partage son avis. On essaye de ne pas la laisser seule trop longtemps, au cas où William reviendrait.

Notre fille ne dessine toujours pas, ce que je trouve très triste, mais nous pouvons la comprendre. Toute cette épreuve a été dure pour elle, et elle l’a très bien gérée, mais elle a toujours trop peur pour dessiner. Nous ne savons pas ce que William lui a dit exactement pour qu’elle ait aussi peur, et elle refuse de nous le dire. Nous supposons qu’il l’a menacée, ce qui le rend dangereux. J’ai toujours le dessin qu’elle a fait de lui, et je déteste le regarder, mais je ne peux pas m’empêcher de le trouver bien fait. C’est vraiment dommage, Lucy est très talentueuse pour son âge, et j’espère vraiment qu’elle pourra laisser tout ça derrière elle, un jour.

Histoire originale / Original Story
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This story is NOT written by me and was originally posted on Reddit by : http://bit.ly/2LUrx6t
I translate my favourite stories in good faith to share them with the french community, so they can discover some of the wonderful stories published in English. All credit goes to the original writers, and I’m very much thankful to them for sharing their awesome work and making this narration possible.
If you have any issues regarding the story, please email me at daenys.contact@gmail.com, and I will respond right away ! Thank you.

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1 Commentaire

    • Stacy Le 18 novembre 2019 à 12 h 26 min
    • Répondre

    Cette histoireest juste génial ^^

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