Creepypasta FR : La télé essaie de me dire quelque chose…

J’ai passé plus de temps que d’habitude sous la douche quand je suis enfin rentrée chez moi. Ça a été une longue journée. Mon esprit donnait l’impression d’être embué et épuisé. L’eau chaude a un peu aidé.

Une fois que je me suis séchée, je suis redescendue au rez-de-chaussée pour mon petit rituel du soir : Repas léger devant les infos pour me tenir à jour, et ensuite, un sommeil bien mérité.

Mais aujourd’hui, tout allait mal depuis le début. Pour commencer, le présentateur était quelqu’un que je n’avais jamais vu auparavant. C’était un blondinet qui s’est présenté sous le nom de Hugh Argletee. C’était probablement son premier jour, j’ai pensé. Mais pour un débutant, il parlait avec l’assurance de quelqu’un qui faisait ce travail depuis bien plus longtemps.

Hugh a passé en revue les gros titres mondiaux : le chaos politique en cours, les tensions avec certains pays étrangers qui empiraient… Mais je ne l’écoutais que d’une oreille. J’attendais qu’il arrive à une toute autre histoire. Une histoire bien plus proche de chez nous. Une histoire qui était devenue le principal sujet de conversation de mes amis et collègues pendant toute la semaine. Et bien sûr, Hugh ne m’a pas déçue.

Pivotant dans la chaise derrière son bureau, il a fixé la caméra et s’est éclairci la gorge. Alors qu’il commençait à parler, j’ai senti une angoisse familière nouer mon estomac.

« La police élargit ses recherches pour retrouver celui que l’on appelle « le tueur au hachoir », après la découverte du corps d’une troisième victime mardi après-midi. Il s’agit du dernier d’une série de meurtres qui ont… »

J’ai attentivement écouté Hugh raconter les détails de l’affaire. Je connaissais déjà la plupart des faits. Depuis que le premier corps avait été retrouvé sur une route non loin de notre bureau, tout le monde ne parlait que de ça. Des théories sur le coupable. Des détails sordides qu’on ne trouvait pas dans les journaux. Des rumeurs de membres coupés et de corps disséqués. Des ragots et des mises-à-jour non-stop. Une peur permanente. Je suppose qu’un tueur en série sera toujours un sujet de discussion important, mais lorsque ça se passe dans votre région, c’est différent. Vous ne vous sentez plus comme un observateur extérieur et distant. Vous commencez à vous sentir menacé.

C’est au moment où cette pensée m’a traversé l’esprit que quelque chose s’est produit. Quelque chose que je suis incapable d’expliquer. Je ne l’ai pas compris sur le moment, et je suppose que je ne le comprends toujours pas maintenant. Cela m’a donné l’impression que j’étais en train de perdre la tête.

La caméra a zoomé sur le visage du présentateur. Il l’a fixée de ses yeux bleus, sans ciller. Et quand il a repris la parole, c’était comme s’il s’adressait directement à moi.

« La police recommande aux habitants de la région de faire très attention lorsqu’ils rentrent chez eux à pieds, surtout après la tombée de la nuit, et d’éviter les endroits silencieux et mal éclairés. Et si votre nom est Sam, nous vous conseillons de prendre des précautions supplémentaires. Passons maintenant à la météo… »

J’ai cillé et j’ai fixé l’écran. Est-ce que je venais vraiment d’entendre ce que je pensais avoir entendu ? Est-ce que Hugh Argletee venait juste de dire mon prénom ?

C’était impossible. Bien sûr que c’était impossible. J’étais fatiguée, c’est tout. Épuisée par une longue journée. J’avais du mal à dormir ces derniers temps, c’était sûrement à cause de ça.

Ou du moins, c’est ce que j’essayais de me faire croire. Mais peu importe les excuses que je me trouvais, je savais que quelque chose n’allait pas. Je le savais. L’angoisse que j’avais ressentie quand Hugh Argletee avait commencé son émission me nouait toujours l’estomac. J’ai pris la télécommande et j’ai éteint la télé. Puis, après un moment, je suis allée chercher mon ordinateur portable.

À l’ère du streaming et des rediffusions, j’avais les moyens de vérifier ce que j’avais entendu. J’avais évidemment juste mal compris le présentateur. Et en allant sur la diffusion en direct du journal télé, je pourrais le prouver.

Je suis allée sur le site de la chaîne et j’ai tout de suite trouvé ce que je cherchais. Je suis revenue un peu en arrière, et j’ai lancé la vidéo. En regardant à nouveau le présentateur passer en revue les gros titres, j’ai senti l’angoisse s’intensifier.

Mais pas de beaucoup, j’étais persuadée que revoir les infos me rassurerait. Ce n’était qu’une erreur, après tout. Un simple cas de fatigue et de peur, qui m’a fait entendre quelque chose qui n’était pas là.

Cette fois, alors que Hugh se rapprochait de la partie qui m’intéressait, je me suis penchée en avant, toute mon attention dirigée sur l’écran. La caméra a de nouveau zoomé sur son visage sans sourire. Il a commencé à donner ses recommandations, et j’ai retenu mon souffle.

 « La police recommande aux habitants de la région de faire très attention lorsqu’ils rentrent chez eux à pieds, surtout après la tombée de la nuit, et d’éviter les endroits silencieux et mal éclairés. Et si jamais vous êtes seule chez vous, quoi qu’il arrive, ne regardez pas sous le lit, Sam. Passons maintenant à la météo… »

J’ai violemment fermé l’ordinateur et je l’ai jeté sur le canapé à côté de moi. Ma respiration était erratique, et je pouvais sentir mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Je ne pouvais plus me trouver d’excuses, cette fois. Aucune. J’avais écouté attentivement, j’étais concentrée, et j’étais absolument certaine de n’avoir rien mal compris. Le conseil de Hugh était différent de la première diffusion, mais il était très clair.

Quoi qu’il arrive, ne regarde pas sous le lit.

J’ai entendu un léger grincement, venant du plancher de l’étage.

Je me suis figée. Tous les nerfs de mon corps s’étaient soudainement tendus. J’ai retenu mon souffle et je suis restée aussi immobile que possible, tendant l’oreille au maximum pour entendre tout bruit suspect par-dessus les battements assourdissants de mon cœur.

Rien. Plus aucun bruit. Plus aucun grincement.

« C’est ton imagination, c’est tout, » j’ai essayé de me convaincre. « Tout ça n’est qu’un mauvais tour joué par ton esprit fatigué. »

Mais une horrible image est soudainement apparue dans mes pensées. Celle d’un homme à l’étage, se cachant dans les ténèbres. Ses yeux et ses dents brillant dans les ombres sous mon lit. Ses doigts se resserrant autour du manche en bois d’un hachoir alors qu’il attendait le bruit de mes pas dans l’escalier…

J’ai secoué la tête pour chasser cette image. Mes mains étaient moites. J’ai essayé de prendre mon téléphone dans une tentative désespérée de me distraire, mais mes doigts ont glissé sur sa surface.

J’ai réussi à le déverrouiller à la troisième tentative. J’ai dû m’essuyer la main droite sur mon jean avant que cette stupide chose reconnaisse enfin l’empreinte de mon pouce. Je suis allée sur une application d’informations, et une liste d’articles est apparue sur l’écran. Mes yeux ont analysé les titres. C’était exactement ce qu’il me fallait : Des articles de divertissement et de ragots sur des célébrités. Des informations ne nécessitant pas de réflexion. Alors que je parcourais les textes, mon rythme cardiaque a progressivement commencé à ralentir. J’ai commencé à me sentir moins effrayée.

Mais, bien sûr, cela n’a pas duré. À un moment donné, je suis tombée sur un titre disant : « Le tueur au hachoir revendique une troisième victime alors que la police élargit ses recherches. »

J’ai rapidement fait défiler la page pour ne plus le voir.

Mais c’était trop tard. La peur et l’angoisse ont recommencé à me tordre l’estomac. Parce que ça recommençait. Les mêmes choses inexplicables que j’avais vues sur la télé et mon ordinateur.

Un autre titre a attiré mon regard : « La police recommande à ceux qui vivent seuls de quitter leur maison le plus vite possible. »

Le titre juste en dessous disait : « Le tueur au hachoir est-il plus proche que vous ne le pensez ? »

Et finalement, juste en-dessous de ce dernier : « Quoi qu’il arrive, Sam, ne regarde pas sous le lit. »

Le nom de l’auteur de l’article était Hugh Argletee.

J’ai verrouillé mon téléphone et je l’ai posé sur la table. Mes mains tremblaient. Quelque chose de fragile dans mon esprit avait commencé à se plier. Ce n’était pas cassé, pas encore du moins, mais c’était proche. Je pouvais le sentir. C’était proche du point de rupture.

Et, assise sur mon canapé, j’ai su exactement ce que je devais faire.

Je devais aller à l’étage et vérifier la chambre à coucher. Je devais faire ce que les infos me disaient de ne pas faire.

Parce qu’il n’y avait aucun homme caché sous mon lit, pas vrai ? Tout était dans ma tête. C’était forcément dans ma tête. C’était de la paranoïa provoquée par la peur et le manque de sommeil.

Je me suis levée et je me suis dirigée vers les escaliers. Ils s’étiraient dans les ténèbres. Ma peau me démangeait à cause de la sueur. Mon cœur battait comme un animal en une cage. J’ai tendu l’oreille pour essayer de percevoir un bruit qui n’aurait pas dû être là, mais il n’y avait rien. Tout était silencieux. J’ai donc commencé à grimper les marches.

La montée des marches et la traversée du couloir menant à la porte de ma chambre fermée me donnaient l’impression d’être dans un rêve. Un cauchemar. Je ne voulais pas aller dans cette chambre. Je ne voulais absolument pas y aller. Je savais qu’il n’y avait rien à craindre – du moins, pas rationnellement – mais cette pensée ne m’a pas aidée. La terreur me consumait. Mais malgré cela, je ne voyais aucune autre solution pour me sortir de cette situation, je devais l’affronter.

J’ai pris une profonde inspiration et j’ai ouvert la porte de la chambre. Elle a grincé en s’ouvrant. Ma chambre était un nid d’ombres. Les rideaux étaient tirés sur la fenêtre, et les ténèbres rendaient le tout encore plus sinistre. Ma garde-robe et ma commode se cachaient dans l’obscurité, tels des monstres prêts à bondir. J’ai tendu le bras, tremblant comme une feuille, et j’ai appuyé sur l’interrupteur.

La lumière a inondé la pièce. Son intensité m’a fait plisser les yeux.

Elle a banni la plupart des ombres, mais pas toutes. Alors que je me tenais sur le seuil, scrutant la pièce à la recherche de tout mouvement, mes yeux se sont posés sur le lit. Et sur le filet d’obscurité restante visible juste en-dessous.

Mon lit était placé contre le mur, au fond de la pièce. Un beau lit King Size. De mon point de vue actuel, je ne pouvais pas voir en-dessous. Pas complètement. Je savais que j’allais devoir m’approcher pour voir de plus près.

Les lattes du plancher craquaient alors que je traversais la pièce. Chaque son me faisait grimacer. La terreur qui me retournait l’estomac m’empêchait presque de respirer. Mon esprit luttait pour ne pas se briser sous le poids énorme de la peur.

Et alors que je m’approchais du lit, quelque chose a commencé à se produire. Toutes les choses inexplicables que j’avais vues et entendues à la télé ont envahi mon esprit. Un barrage de mots et de sons. Et avec ce barrage est venue une bien étrange conviction : que j’avais devant moi les pièces d’un puzzle que je n’avais pas encore réussi à reconstituer. Une énigme qu’il ne valait peut-être mieux pas résoudre.

Si votre nom est Sam, nous vous conseillons de prendre des précautions supplémentaires.

Le tueur au hachoir est-il plus proche que vous ne le pensez ?

Quoi qu’il arrive, ne regardez pas sous le lit, Sam.

Les mots tourbillonnaient de plus en plus vite dans ma tête. Je me tenais devant le lit, maintenant. Alors que la terreur et l’angoisse atteignaient en moi des sommets, je me suis laissée tomber à genoux.

Et j’ai jeté un coup d’œil sous le lit.

J’ai senti le déclic de la dernière pièce du puzzle se mettre en place.

Hugh Argletee. Le présentateur que je n’avais jamais vu, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. J’ai prononcé son nom dans mon esprit, plus lentement cette fois.

Hugh Ar-gle-tee.

You are guilty.

Tu es coupable.

J’ai regardé les ombres sous le lit, et alors que je prenais lentement conscience de la vérité, j’ai senti une partie fragile de mon esprit se déchirer en deux.

Il n’y avait aucun homme se cachant dans les ténèbres. Il n’y avait qu’un sac en plastique. Et alors que je tendais le bras pour le saisir, je savais déjà ce qu’il contenait.

J’ai sorti le sac sous la lumière, l’entendant racler le plancher. J’ai pris une profonde inspiration et je l’ai ouvert.

À l’intérieur se trouvait un hachoir souillé, et les restes sanglants de trois doigts coupés.

Histoire originale / Original Story
https://redd.it/c2g4dz
This story is NOT written by me and was originally posted on Reddit by : http://bit.ly/333VmH1
I translate my favourite stories in good faith to share them with the french community, so they can discover some of the wonderful stories published in English. All credit goes to the original writers, and I’m very much thankful to them for sharing their awesome work and making this narration possible.
If you have any issues regarding the story, please email me at daenys.contact@gmail.com, and I will respond right away ! Thank you.

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