Creepypasta FR : Ce n’est pas du chewing-gum collé sous la table…

Je travaille dans un restaurant. Le même client est venu trois jours de suite.

Il avait de longs cheveux gras, des yeux enfoncés et une barbe inégale. Il portait un pantalon de jogging gris sale et un T-shirt blanc à rayures dans un état bien pire.

Il a fait la queue devant moi et a commandé un café bien noir.

« Un dollar cinquante, s’il vous plaît, » je lui ai dit.

Il a fouillé dans son sac banane rose fluo et m’a tendu une poignée de petite monnaie. J’ai senti les pièces moites toucher ma main et j’ai frissonné de dégoût.

Il m’a fait un petit sourire tordu, a pris son café, et s’est installé à une table vide dans le coin.

Je me suis penchée vers ma collègue. « Tu as déjà vu ce type ? Il me donne la chair de poule. »

Elle a haussé les épaules, occupée à plonger des churros dans du sucre.

J’ai servi le client suivant, tout en gardant un œil sur l’homme dans le coin. J’étais peut-être en train de le juger méchamment, mais il y avait quelque chose à son sujet qui me mettait très mal à l’aise.

J’ai remarqué qu’il n’avait pas touché à son café. Trop chaud, j’ai présumé.

Bien qu’il n’ait pas commandé de nourriture, je pouvais voir qu’il était en train de mâcher intensément quelque chose. Je l’ai observé alors qu’il s’arrêtait et mettait ses doigts dans sa bouche pour en extraire une masse mastiquée immonde. Chargée de salive, elle brillait entre ses doigts. Il a ensuite entrepris de coller minutieusement cette immondice sous la table.

Dégueulasse, j’ai pensé. Ce devait être du chewing-gum.

Je l’ai vu fouiller dans son sac fluo, et insérer un morceau de quelque chose gris et inidentifiable dans sa bouche. Puis il a recommencé tout le processus : mâcher, retirer la masse mastiquée avec ses doigts et la coller sous la table.

J’ai quitté le comptoir pour aller parler avec mon superviseur. Nous avons une politique bien précise pour gérer les clients au comportement douteux. Apparemment, des études ont montré que ces personnes étaient plus sensibles aux managers bien habillés qu’à nous, pauvres paysans en uniforme.

Je lui ai parlé de l’homme louche et son attitude dégoûtante. Mon superviseur a haussé les épaules et m’a dit : « Peu importe, il partira bientôt. Nettoie après lui. »

J’ai donc attendu, l’observant répéter ce rituel abject.

Il est parti après environ une heure. Mon superviseur m’a rappelé que je devais nettoyer la table, au-dessus et en-dessous, avant que le prochain client se plaigne.

J’ai sorti les produits de nettoyage et je me suis dirigée à contrecœur vers sa table. Je me suis accroupie sous la table et j’ai levé les yeux. J’ai dû me retenir de vomir.

Il n’y avait pas moins de deux douzaines de masses mastiquées humides qui maculaient tout le dessous de la table.

J’ai sorti notre burin, et j’ai réussi à toutes les enlever et les mettre dans un sac poubelle.

Après que la première soit tombée dans le sac, quelque chose m’a paru étrange : ce n’était pas du chewing-gum. En fait, je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était. J’avais déjà eu l’occasion de gratter une multitude de chewing-gums. Leur texture était consistante et élastique, et ils se déclinaient dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

En revanche, la mystérieuse masse était d’un gris terne, et avait la texture fibreuse d’un steak mâché.

J’ai fini de nettoyer, et j’ai essayé d’oublier cette tâche ingrate et pénible pour le reste de la journée.

Le lendemain, au début de mon service, j’ai revu l’homme. Il était assis à une table différente, et avait devant lui un autre café noir.

Debout derrière la caisse, j’ai scruté ses actions. Et à nouveau, sans la moindre hésitation, il a mis ses doigts dans sa bouche et en a extrait une masse qu’il a collée sous la table.

J’ai juré dans un murmure. Au diable la politique du restaurant, j’allais parler à cet individu et lui dire que son comportement était inacceptable.

J’ai demandé à ma collègue de couvrir ma caisse et je me suis dirigée vers la table de l’homme. J’ai vu ses yeux s’illuminer alors que je m’approchais.

Il a parlé en premier.

« Voulez-vous un peu de viande séchée ? »

« Pardon ? »

Il a fouillé dans son sac banane et en a retiré une lamelle de viande. Il me l’a tendue et m’a regardée avec impatience.

« Non… Non merci, monsieur. Nous avons en fait une politique assez stricte qui interdit tout aliment ou boisson extérieurs à l’établissement. »

« Vraiment ? C’est dommage. Il y en aura plus pour moi alors ! »

Il a ouvert la bouche, et j’ai vu qu’il avait perdu toutes ses dents. Il a placé la lamelle de viande dans sa bouche, et je pouvais entendre le bruit de sa salive alors qu’il la pressait contre ses gencives et sa langue.

« Monsieur, je dois vous parler à propos de ce que vous collez sous la table. »

« Oh ! Je suis vraiment désolé, je n’avais pas réalisé que c’était un problème. Je vais m’arrêter immédiatement. »

« Très bien, » j’ai répondu, me sentant embarrassée et dégoûtée tout à la fois.

J’avais commencé à m’éloigner de la table lorsqu’il a attrapé mon poignet.

« Je t’aime bien. »

J’ai violemment retiré mon bras, frissonnant de dégoût. Je lui ai tourné le dos sans lui répondre, allant directement aux toilettes pour me laver minutieusement les mains avant de retourner au travail.

Je ne faisais pas confiance à l’homme, j’étais certaine qu’il n’allait pas tenir parole, et j’ai eu raison. Quelques minutes plus tard, il était de nouveau en train de coller des bouts dégoûtants de nourriture sous la table.

Je l’ai vu partir, et mon superviseur m’a poussée à aller nettoyer.

La table était dans un état bien pire que la veille. J’ai soupiré en prenant le burin, et je me suis appliquée à tout enlever sans vomir.

Le lendemain, je revenais de ma pause quand je l’ai revu. Il était à une table différente et avait un café devant lui, comme d’habitude.

Il était hors de question que je le laisse faire à nouveau.

Je suis allée voir mon superviseur, beaucoup plus véhémente. Je lui ai dit que je n’hésiterai pas à m’en aller sur-le-champ s’il permettait à l’homme de continuer sa dégoûtante pratique. Il a cédé, me disant qu’on pouvait le mettre dehors, à condition que ça soit moi qui le fasse. Il a choisi de rester dans l’arrière-salle pendant la confrontation.

J’ai accepté, et je me suis dirigée vers la table de l’homme, déterminée à mettre fin à cette situation absurde.

En marchant vers lui, j’ai remarqué qu’il avait des sacs de course à ses pieds, remplis de paquets de sel. Il m’a remarquée au même moment.

« Tu es sûre de ne pas vouloir de viande séchée ? »

« Non. Je vous ai parlé hier à propos de la viande mâchée que vous persistez à coller sous la table, monsieur. Je vous ai demandé d’arrêter et vous ne l’avez pas fait. Je vais devoir vous demander de partir. »

« Tu es seule ? »

« Quoi ? Non ! Monsieur, partez s’il vous plaît, je serai dans l’obligation d’appeler la police sinon. »

Il a froncé les sourcils mais ne s’est pas levé. Il a sorti une lamelle de viande de son sac et l’a placée dans sa bouche. Ce faisant, quelque chose est tombé par terre. On aurait dit une grande frite, mais à l’extrémité, il y avait la trace indéniable… d’un ongle !

Il n’y avait absolument aucun doute que devant mes yeux, se trouvait un doigt coupé humain.

Ma mâchoire s’est décrochée, et mon regard horrifié a croisé le sien, surpris.

« Quel dommage. Tu aurais tellement bien séché. »

J’ai couru avant qu’il puisse m’attraper. Je me suis enfermée dans l’arrière-salle et j’ai téléphoné à la police. Mon superviseur m’a harcelée pour savoir ce qui se passait, mais j’hyperventilais et je n’arrivais plus à parler.

La police est venue peu de temps après. L’homme était déjà parti à ce moment-là, mais étant donné que je leur avais donné une description complète et détaillée, ils ont été en mesure de le retrouver très rapidement.

Au cours des jours suivants, la police m’a posé de nombreuses questions, mais n’a fourni aucune réponse.

Quelques mois plus tard, j’ai enfin eu toute l’histoire.

Il s’est avéré que l’homme était un cannibale de longue date. Il cherchait à trouver le meilleur moyen de préserver ses proies, une technique qui conserverait la saveur de la viande sans la rendre trop dure. Il a donc innové : il a acheté un déshydrateur alimentaire, a découpé ses victimes en lamelles et a rempli d’innombrables sachets avec la viande ainsi obtenue.

Les médias l’ont surnommé « le tueur à la viande séchée », en référence à sa tendance à sécher ses victimes.

Puisqu’il n’avait pas de dents, il ne pouvait jamais finir la dernière bouchée de muscle. Et une fois que la viande n’avait plus de saveur, il devait s’en débarrasser quelque part. Sous des tables lui paraissait être un endroit logique et raisonnable.

Les enquêteurs ont découvert qu’il avait placé des morceaux de ses victimes sous les tables de plus d’une centaine de restaurants.

Apparemment, l’une de ses activités préférées consistait à se relaxer avec une tasse de café noir, en mâchant les restes de ses vieux amis.

Histoire originale / Original Story
https://redd.it/btvp0s
This story is NOT written by me and was originally posted on Reddit by : http://bit.ly/2Ym4bgI
I translate my favourite stories in good faith to share them with the french community, so they can discover some of the wonderful stories published in English. All credit goes to the original writers, and I’m very much thankful to them for sharing their awesome work and making this narration possible.
If you have any issues regarding the story, please email me at daenys.contact@gmail.com, and I will respond right away ! Thank you.

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